

Mois du Sacré-Cœur
Depuis le XVIe siècle, la piété catholique consacre des mois entiers à des dévotions spéciales. Le mois de juin est réservé à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. « Parmi toutes les preuves de l’infinie bonté de notre Sauveur, aucune ne se distingue plus que le fait que, à mesure que l’amour des fidèles se refroidissait, Lui, l’Amour Divin Lui-même, s’est donné à nous pour être honoré par une dévotion très particulière et que le riche trésor de l’Église a été largement ouvert dans l’intérêt de cette dévotion. » Ces paroles du pape Pie XI font référence à la Dévotion du Sacré-Cœur, qui, sous sa forme actuelle, date des révélations données à sainte Marguerite Marie Alacoque en 1673-75.
La dévotion consiste dans le culte divin du cœur humain du Christ, qui est uni à Sa divinité et qui est un symbole de Son amour pour nous. Le but de la dévotion est de faire de notre Seigneur le roi sur nos cœurs en les incitant à lui rendre l’amour (notamment par un acte de consécration par lequel nous offrons au Cœur de Jésus à la fois nous-mêmes et tous ceux qui nous appartiennent) et à réparer notre ingratitude envers Dieu.
INVOCATION
Ô Cœur d’amour, je mets toute ma confiance en Toi ; car je crains tout de ma propre faiblesse, mais j’espère tout de ta bonté.
Saint Marguerite Marie Alacoque


Je suis venue de par Dieu et de par la Vierge Marie »
- « Savez-vous être en la grâce de Dieu ? » demande-t-on à Jeanne au cours de son procès. - « C'est grande chose, répliqua-t-elle, de répondre à telle demande ! » - « Oui, c'est grande chose », dit un des assesseurs, le théologien Fabri ; « l'accusée n'est pas tenue de répondre. » - « Vous feriez mieux de vous taire ! » cria alors Cauchon avec colère à Fabri. - « Savez-vous être en la grâce ? » répéta l'interrogateur. - « Si je n'y suis, Dieu m'y mette ! Et si j'y suis, Dieu m'y garde ! »
Ils restèrent tous muets et baissèrent la tête. Mais on continua à l’interroger : - « Dites-nous si vous vous en rapportez à la détermination de l’Église ? » - « Je m'en rapporte à Notre-Seigneur qui m'a envoyée, à Notre-Dame et à tous les benoîts saints et saintes de Paradis. Et m'est avis que c'est tout un de Notre-Seigneur et de l’Église, et qu'on n'en doit point faire de difficulté. Pourquoi fait-on difficulté que ce soit tout un ? »
- « Il y a l’Église triomphante, où sont Dieu, les saints, les anges et les âmes sauvées. L’Église militante, c'est notre Saint-père le pape, vicaire de Dieu en terre, les cardinaux, les prélats de l’Église et le clergé, et tous bons chrétiens et catholiques. Laquelle Église bien assemblée ne peut errer et est gouvernée du Saint-Esprit. Voulez-vous vous en rapporter à l’Église militante, à savoir celle qui est ainsi déclarée ? » - « Je suis venue au roi de France de par Dieu, de par la Vierge Marie et de tous les benoîts saints et saintes de paradis, et l’Église victorieuse de là-haut, et de leur commandement. Et à cette Église-là je soumets tous mes bons faits, et tout ce que j'ai fait ou à faire. »
- « Savez-vous si sainte Catherine et sainte Marguerite haïssent les Anglais ? » - « Elles aiment ce que Notre-Seigneur aime et haïssent ce que Dieu hait. » - « Dieu hait-il les Anglais ? » - « De l'amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, ou de ce que Dieu fera à leurs âmes, je ne sais rien. Mais je sais qu'ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront ; Et que Dieu enverra victoire aux Français, et contre les Anglais. »
Sainte Jeanne d’Arc
Procès (Tome I, p. 65; ibid. Tome III, p. 153,163,175, p. 162,166,174-176)

Pourquoi chante-t-on à la messe ?
Chanter ensemble est un besoin humain auquel la messe dominicale répond le mieux, explique l’essayiste Jean Duchesne, exécuteur littéraire du cardinal Jean-Marie Lustiger.
Parmi les nombreux services que rend l’Église, il en est un qui est sous-estimé, si ce n’est ignoré, c’est que la messe du dimanche est un des derniers endroits où une réponse est donnée à un besoin foncier de la socialisation humaine : l’identité collective s’affirme et se renforce par et dans le chant. C’est un fait à constater, et qui mérite quelques réflexions, même si l’on n’a en la matière ni compétences particulières, ni grande théorie à asséner.
Du temps où l’on fredonnait
On peut d’abord observer qu’on entend de moins en moins — voire plus du tout — chanter dans la vie quotidienne. J’ai le souvenir de grands-mères qui gringottaient ou poussaient la rengaine pour se donner du cœur à l’ouvrage pendant la lessive et le repassage, ou la cuisine et la vaisselle. À la fin des banquets de noces ou des grands repas de famille, il n’était pas rare qu’un convive se flattant d’une belle voix donne un petit récital digestif, avec des refrains repris par toutes les tablées. Les chansons populaires n’appartenaient pas qu’aux vedettes qui les lançaient au music-hall ou à la radio, car on les fredonnait dans la rue et dans les salles de bain.
De même, le piano ne fait plus partie de l’éducation des jeunes filles de bonne maison (ni le violon pour les garçons). Si l’on travaille un instrument ou participe à une chorale, c’est dans l’optique de donner des concerts, en s’isolant comme "performeur" du public consentant mais passif. Les collectivités ne constituent et ne s’entretiennent plus guère dans et par le chant. L’enseignement obligatoire au collège comporte une initiation pratique et critique à la musique, ainsi qu’aux arts plastiques. Mais ces disciplines ne sont pas sélectives ni donc motivantes, et la plupart des adolescents semblent ne tirer que trop peu parti de ces formations.
Écouter ne remplace pas participer
Non qu’ils soient en manque. Grâce aux nouvelles technologies répandues ces dernières décennies, ils ont au contraire accès à plus de pairs qu’ils ne peuvent en rencontrer et plus de musiques et d’images qu’ils ne peuvent en consommer. Mais ils s’enferment dans des réseaux essentiellement virtuels. À part des prestations ponctuelles d’"idoles" qui attirent à guichets fermés des foules subjuguées, ces facilités nourrissent un certain individualisme : chacun dans sa bulle, les écouteurs aux oreilles et le regard rivé à son écran, pratiquement sans rapports directs avec d’autres. C’est de l’évasion qui ne permet une communion que par extraordinaire.
La cohésion grâce à l’échange et au partage concrets répond pourtant à une exigence fondamentale, et c’est, au-delà des rassemblements et des slogans, dans le chant auquel tous se joignent que cela se réalise le mieux. Les militaires ont depuis longtemps compris l’avantage des fanfares, et les États l’intérêt des hymnes nationaux. Bien des épreuves ont été affrontées grâce à des mélopées, incantations, complaintes et ritournelles — des négrospirituals des esclaves noirs aux États-Unis aux airs sifflés par les Européens prisonniers construisant malgré eux un pont sur la rivière Kwaï, en passant par les psalmodies des bateliers de la Volga.
L’exemple des stades
Ces compositions musicales sont le produit anonyme et collectif de circonstances plutôt que l’œuvre de génies solitaires. Elles focalisent l’esprit tout en le berçant, et offrent une identité et une motivation. Aujourd’hui où des enregistrements de tout sont disponibles quasiment sans limite en privé, les occasions de satisfaire cette attente aussi bien sociale que personnelle sont peu nombreuses. L’exemple le plus manifeste est sans doute celui des supporters de football. Récemment lors de la finale de la coupe de France, on a entendu "Au Nord, c’était les corons" du vainqueur, le Racing Club de Lens. C’est une récupération de la chanson de Pierre Bachelet en 1982. De même, le célèbre You’ll Never Walk Alone ("Tu ne marcheras jamais seul") du Liverpool Football Club reprend un "tube" d’une opérette américaine de 1945.
Le plus populaire de tous ces chants, qui n’est le propre d’aucune équipe ni même d’aucun sport, est à présent "Po polo po po pooo po", qui paraît venir d’un relativement obscur groupe de rock américain au début des années 2000. On ne peut pas dire qu’il y ait là un "message", ni que soit créée une communauté au-delà du moment. Les appétits d’appartenance sont sans doute trompés plutôt que rassasiés par une transe qui les neutralise provisoirement.
Le "plus" musical aux paroles
Les matchs sont donc, de même que les concerts de pop stars dans des stades combles, comme des paraliturgies qui remplacent incomplètement les offices, cérémonies, célébrations et services religieux. Car (du moins dans le christianisme) la participation — non seulement aux rites par des gestes et des paroles, mais encore à travers les chants — ouvre à des vérités par-delà les expériences sensorielles. Et ceci sur un mode régulier, ordinaire (chaque dimanche !), usuel et non pas exceptionnel (la monotonie étant évitée par les "temps" et les fêtes du calendrier).
D’où l’importance majeure de la musique (instrumentale aussi bien que vocale) à la messe. La variation des notes et du rythme donne au verbe une portée qui dépasse le sens littéral des mots énoncés. C’est le même supplément qui élève la poésie au-dessus du langage utilitaire. Il fait que le texte ainsi modulé et partagé réalise déjà une fraternité et la prolonge en s’incrustant dans les mémoires d’où il continue à aiguiser perceptions et visions. Cordes, vents, claviers et percussions, selon qu’il y en a, portent cet élan un peu comme le célébrant guide l’assemblée.
Le reçu plutôt que le vécu
Ce qui ne veut pas dire que le chant liturgique soit toujours évident et réussi. L’animation et l’accompagnement instrumental requièrent des talents et du travail. Les réformes de Vatican II ont entraîné un renouvellement — qui ne pouvait être instantané — du répertoire multiséculaire, lequel n’était pas parfait. Cela implique de concilier gratitude, indulgence et exigences vis-à-vis des amateurs bénévoles comme des professionnels. Mais le cahier des charges est assez net, et nul n’est en droit de se plaindre s’il reste un consommateur qui ronchonne sans rien proposer.
Il faut que l’air et le tempo soient assez engageants pour tout le monde les adopte, et en même temps qu’ils évitent une frivolité anesthésiante. Et il faut encore que les paroles soient pertinentes. La tendance contemporaine est d’exprimer ce que l’assemblée ressent (ou devrait ressentir). Mais il ne s’agit pas d’exhiber un "vécu" et encore moins de le dicter, et plutôt d’accueillir les dons de Dieu. Ce qui suppose d’abord de les reconnaître, puis d’y répondre par l’action de grâce et la louange, mais également par la confession de la foi (même si cela implique un certain didactisme), avant de proclamer sa disponibilité et sa responsabilité dans la mise en pratique et la transmission, et sans oublier qu’on n’y arrivera pas tout seuls.
Créativité biblique
Dans les années 1970, le père Jean-Marie Lustiger, alors curé de paroisse à Paris, a développé une recherche qui reste féconde. Elle consiste à faire chanter des phrases de la Parole de Dieu, afin que l’assemblée s’en imprègne et soit nourrie de ce pain-là (cf. Mt 4, 4) de même que de celui de l’Eucharistie. Ainsi en va-t-il avec la question d’Is 21, 11 : "Veilleur, où en est la nuit ?", reprise dans les incitations à veiller de Jésus dans les synoptiques, puis de Paul et Pierre dans leurs épîtres. Le recentrage sur les Écritures au XXe siècle a redynamisé l’Église jusque dans le chant liturgique. Henri Paget, l’organiste du père Lustiger, a expliqué que le texte sacré inspirait la mise en musique qui lui était demandée, sans qu’il y ait à emprunter à des modèles profanes.
Cette initiative a eu des prolongements. Par exemple, "Vous êtes le Corps du Christ" fait écho à 1 Co 2, 27, et "Tressaillez de joie, car vos noms sont inscrits dans les cieux" à Lc 10, 20. Ce n’est sans doute pas fini : en ce temps de lendemains de Pentecôte, on peut et doit se rappeler que la créativité dans les réponses à Dieu fait partie des dons de l’Esprit Saint.
Jean Duchesne - Aleteia
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XIII - La nécessité de la foi
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Litanies de la Vierge Marie
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Livre en 16 articles qui paraîtront successivement les 1er 3e et vendredi des prochains mois.
Ces articles sont un sommet de théologie spirituelle rarement atteint sur le sujet du dogme catholique de la Communion des Saints : interrelation constante de l’Église militante, souffrante et triomphante. L’auteur nous demande de nous insérer dans une union mystique commune avec nos frères et sœurs qui demandent notre aide par nos prières dans l’amour miséricordieux du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Ayant lu et méditer les articles de ce livre, il est impossible de ne pas pratiquer et partager cette dévotion découlant du divin amour !
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Marie, la mission et l’Esprit Saint
Le Cœur de Marie est rempli surabondamment par le divin Esprit.
Le lendemain de la fusion de la société du Saint Cœur de Marie aux Spiritains (la congrégation du Saint Esprit), Libermann (1) consigne dans les « Règlements » :
« La Congrégation consacre spécialement ses membres à l'Esprit Saint, auteur et consommateur de toute sainteté et inspirateur de l'esprit apostolique, et à l'Immaculé Cœur de Marie, rempli surabondamment, par le divin Esprit, de la plénitude de la sainteté et de l'apostolat, et participant le plus parfaitement à la vie et au sacrifice de Jésus-Christ, son Fils, pour la rédemption du monde.
Ils considéreront l'immaculé cœur de Marie comme un modèle parfait de fidélité à toutes les saintes inspirations du divin Esprit et de la pratique intérieure des vertus de la vie religieuse et apostolique. Ils y trouveront un refuge, auquel ils auront recours dans leurs travaux et leurs peines. »
François Paul Marie Libermann – 1 minute avec Marie
À méditer ...
Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic
(Jn 2,16)
« Alors Jésus entra dans le Temple et se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient. » Certains s'étonnent de la résurrection de Lazare (Jn 11,44), ils sont stupéfaits que le fils d'une veuve soit ressuscité (Lc 7,15), d'autres sont frappés par d'autres miracles. Sans aucun doute, il est admirable de rendre la vie à un corps mort. Pour ma part, je suis davantage frappé par l'évènement présent. Cet homme, fils de charpentier, un pauvre sans demeure, sans gîte où se reposer, sans armée, qui n'était ni chef ni juge ; quel pouvoir l'a autorisé à... chasser une foule si nombreuse alors qu'il était seul ? Personne n'a protesté, personne n'a osé opposer de résistance, car personne n'a osé s'opposer au Fils qui réparait l'injure faite à son Père...
« Il se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple. » Si cela a été possible chez les juifs, pourquoi cela ne l'est-il pas à plus forte raison chez nous ? Si cela arrive dans le cadre de la Loi, pourquoi n'en est-il pas de même à plus forte raison dans l'Évangile ?... Le Christ, un pauvre, chasse les acheteurs et les vendeurs, qui sont riches. Celui qui vend est jeté au même titre que celui qui achète. Que personne ne dise : « Moi, j'offre tout ce que je possède, je fais des offrandes aux prêtres, comme Dieu l'a ordonné ». Dans un passage de Matthieu, nous lisons ceci : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8). La grâce de Dieu ne se vend pas, elle se donne.
Saint Jérôme
« Qui t'a donné cette autorité ? »
La sagesse personnelle de Dieu, son Fils unique, a créé et réalisé toute chose. En effet, un psaume dit : « Tu as tout fait avec sagesse » (103,24). (...) De même que notre parole humaine est l'image de cette Parole qui est le Fils de Dieu (cf Jn 1,1), ainsi notre sagesse est, elle aussi, l'image de ce Verbe qui est la Sagesse en personne. Parce que nous possédons en elle la capacité de connaître et de penser, nous devenons capables d'accueillir la Sagesse créatrice, et par elle nous pouvons connaître son Père. « Car celui qui a le Fils a aussi le Père » (1Jn 2,23), et encore : « Celui qui m'accueille accueille celui qui m'a envoyé » (Mt 10,40). (...)
« Puisque le monde, avec le moyen de la sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile » (1Co 1,21). Désormais Dieu ne veut plus, comme dans les temps anciens, être connu par des images et des ombres de la Sagesse : il a voulu que la véritable Sagesse en personne prenne chair, devienne homme, subisse la mort de la croix, afin qu'à l'avenir tous les croyants puissent être sauvés par la foi en cette Sagesse incarnée.
C'est donc elle qui est la Sagesse de Dieu. Auparavant, elle se faisait connaître par son image introduite dans les choses créées (...) et de cette façon faisait connaître le Père. Par la suite, elle, qui est le Verbe, est devenue chair, comme dit saint Jean (1,14). Après avoir « détruit la mort » (1Co 15,26) et sauvé l'humanité, elle s'est manifestée plus clairement elle-même et, par elle-même, elle a manifesté son Père. Ce qui lui a fait dire : « Donne-leur de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17,3). Toute la terre a donc été remplie de sa connaissance. Car il y a une seule connaissance, du Père par le Fils, et du Fils à partir du Père. Le Père met sa joie en lui, et le Fils se réjouit de la même joie dans le Père, ainsi qu'il le dit : « J'y trouvais ma joie, je me réjouissais jour après jour en sa présence » (Pr 8,30).
Saint Athanase
« Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous »
Quand le Seigneur donnait à ses disciples le pouvoir de faire renaître les hommes en Dieu, il leur disait : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit » (Mt 28,19). En effet, il avait promis par les prophètes de répandre cet Esprit dans les derniers temps sur ses serviteurs et ses servantes, afin qu'ils prophétisent (Jl 3,1)... Ainsi notre Seigneur a promis à la Samaritaine « une eau vive », « afin qu'elle n'ait plus jamais soif », et qu'elle ne soit plus astreinte à boire une eau puisée péniblement mais qu'elle ait en elle-même une eau « jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,10-14). Il s'agit de pouvoir boire ce que le Seigneur a reçu lui-même du Père, et qu'il donne à son tour à ceux qui demeurent en lui, en envoyant l'Esprit Saint sur la terre entière...
Gédéon avait prophétisé que sur toute la terre se répandrait la rosée, qui est l'Esprit de Dieu (Jg 6,36-40). C'est précisément cet Esprit qui était descendu sur le Seigneur : « Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété, Esprit de crainte de Dieu » (Is 11,2-3). A son tour, le Seigneur a donné cet Esprit à l'Église, en envoyant des cieux le Défenseur sur toute la terre –- là où « Satan avait été précipité comme l'éclair », selon la parole du Seigneur (Lc 10,18). C'est pourquoi cette rosée de Dieu nous est nécessaire pour que nous ne soyons pas consumés et rendus stériles et pour que là où nous avons un Accusateur (Ap 12,10), nous ayons aussi un Défenseur.
Car le Seigneur a confié à l'Esprit Saint l'homme, son propre bien, qui était tombé entre les mains des bandits (Lc 10,30). Le Seigneur a « été saisi de pitié, il a pansé ses plaies » ; il a donné « deux pièces d'argent » (v. 35) à l'effigie du roi pour que, après avoir reçu par l'Esprit « l'effigie et l'inscription » (Lc 20,23) du Père et du Fils, nous fassions fructifier cette pièce d'argent qui nous a été confiée et la rendions au Seigneur multipliée (cf Mt 25,14s).
Saint Irénée de Lyon
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LA RÈGLE DE SAINT-BENOÎT
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