ÉLÉVATIONS SUR SAINT JOSEPH
Dom Bernard Maréchaux
I - Avant-propos
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Litanies de saint Joseph
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Joseph, priez pour nous.
Illustre fils de David, priez pour nous.
Lumière des Patriarches, priez pour nous.
Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous.
Gardien pudique de la Vierge, priez pour nous.
Nourricier du Fils de Dieu, priez pour nous.
Vigilant défenseur du Christ, priez pour nous.
Chef de la Sainte Famille, priez pour nous.
Joseph très juste, priez pour nous.
Joseph très chaste, priez pour nous.
Joseph très prudent, priez pour nous.
Joseph très fort, priez pour nous.
Joseph très obéissant, priez pour nous.
Joseph très fidèle, priez pour nous.
Miroir de patience, priez pour nous.
Amateur de la pauvreté, priez pour nous.
Modèle des ouvriers, priez pour nous.
Ornement de la vie domestique, priez pour nous.
Gardien des Vierges, priez pour nous.
Soutien des familles, priez pour nous.
Soulagement des malheureux, priez pour nous.
Espérance des malades, priez pour nous.
Patron des mourants, priez pour nous.
Terreur des démons, priez pour nous.
Protecteur de la sainte Église, priez pour nous.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, épargnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.
V./ Dieu l‘a constitué comme le maître de sa maison,
R./ Et comme le prince de tout son domaine.
PRIONS
Ô Dieu, qui par une ineffable providence avez daigné choisir le bienheureux Joseph pour époux de votre très sainte Mère, accordez, nous vous en conjurons, que le vénérant comme protecteur sur la terre, nous méritions de l’avoir comme intercesseur dans les cieux : vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
AVANT-PROPOS
La méditation des grandeurs et des amabilités de la Sainte Vierge amène, dans le champ de vision spirituel, la physionomie de saint Joseph, et la fait ressortir avec un vif éclat. Il faut même dire que la connaissance de saint Joseph complète et achève la connaissance de la Sainte Vierge, comme celle-ci complète et achève la connaissance de Jésus.
Marie nous fait pénétrer dans l’intime de Jésus : pure créature, elle met en relief l’infinie dignité de son Fils ; créature exempte de tout péché, elle nous fait admirer l’excellence et la toute-puissance de sa grâce ; médiatrice entre Lui et nous, elle nous fait sentir et goûter la ravissante bonté de son cœur, l’inépuisable abondance de sa miséricorde.
De même saint Joseph, rattaché à Marie par son titre d’époux jusqu’à ne faire avec elle qu’une seule personne morale, nous donne à comprendre jusqu’à quelle perfection et hauteur de sainteté une âme humaine peut être entraînée et fixée par l’influence de Marie.
Les grands théologiens, qui à une époque donnée, par une permission de la divine Providence, n’avaient pas la notion exacte de l’Immaculée-Conception, s’ingéniaient à démontrer comment les effets du péché d’origine, qu’ils supposaient à tort contracté par Marie, avaient été neutralisés en elle par la surabondance de la grâce, en sorte qu’on pût la déclarer toute pure.
Aujourd’hui la lumière est faite : le privilège de l’Immaculée-Conception de Marie fait partie du dépôt de la foi catholique : elle est d’une manière suréminente la créature sans péché, parce qu’immaculée dans sa conception. Mais il reste à se demander jusqu’à quel point l’influence délétère du péché d’origine peut être neutralisée par l’action d’une grâce exceptionnelle. Et saint Joseph nous apporte la réponse. Quoiqu’en réalité il ait péché en Adam, on peut dire qu’il a vécu dans une telle innocence qu’il semblait n'avoir aucunement péché en Adam.
Ainsi la hiérarchie des grandes œuvres du Saint-Esprit se gradue comme il suit :
Jésus-Christ, l’Homme-Dieu ;
Marie, la créature absolument sans péché ;
Joseph, la créature par excellence purifiée du péché.
Nous ne croyons pas que l’on puisse se refuser à reconnaître la transcendance de saint Joseph, relativement aux hommes rachetés et aux esprits angéliques.
Il est l’époux de la Sainte Vierge, mère de Dieu : c’est là un titre qui du premier coup le met hors pair.
Un époux participe, là où l’union est créée par Dieu lui-même, à tout de son épouse, privilèges, qualités, vertus.
Or c’est Dieu qui a voulu, préparé, créé l’union virginale entre Marie et Joseph, laquelle était le préambule providentiel de l’Incarnation du Verbe divin.
La prédestination de Jésus attire celle de Marie ; celle de Marie attire la prédestination de saint Joseph.
Par suite de son union intime à Marie et à Jésus, Joseph se trouve établi dans une sphère, où se fait sentir immédiatement l’action des Trois Personnes divines.
Jésus, Marie, Joseph, forment la trinité terrestre en regard de la Trinité céleste. Il y a une différence profonde entre celle-ci et celle-là : dans la Trinité céleste, l’égalité des Trois Personnes est absolue ; dans la trinité terrestre, l’inégalité distingue les trois personnes qui la composent : Marie est au-dessous de Jésus, de toute la distance qui sépare du Fils de Dieu une simple créature ; Joseph n’atteint que par participation à la haute et incomparable dignité de Marie. L’analogie toutefois se vérifie, en ce que Jésus, Marie et Joseph forment ensemble une unité morale, la plus étroite qui se puisse concevoir et la plus ressemblante à l’unité des Trois Personnes divines. En vertu de cette unité, Joseph dépasse, nous sommes autorisés à le penser et à le dire, les mérites et les excellences des esprits bienheureux et des plus grands saints.
Mais en émettant ces pensées, nous sentons le besoin de les appuyer sur l'autorité du chef de l’Église. Dans son Encyclique Quinqua pluries (15 août 1889), notre Saint Père le Pape Léon XIII, prononce ces paroles significatives : « En raison du lien conjugal qui unissait Joseph à la bienheureuse Vierge, il n’est pas douteux qu’il ne se rapproche tellement de la très excellente dignité par laquelle la mère de Dieu dépasse de très loin tous les êtres de la création, que personne n’en approche davantage, ut nemo magis... / pour que plus personne... De même, ayant été choisi dans les desseins de Dieu pour être le gardien du Fils de Dieu et son père putatif (ce qui emportait soumission du Verbe incarné vis-à-vis de lui), cette très auguste dignité lui confère une éminence qui le rend unique entre tous les saints, unus eminet inter omnes / Il y en a un qui se démarque de tous les autres. ». Il est impossible de relever plus expressément l’éminence de saint Joseph.
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Ces déclarations si formelles, ces considérations magnifiques, auront leur développement dans les pages qui suivent.
Notons seulement ici que l’influence sanctifiante de saint Joseph vis-à-vis de nous est en proportion de son inestimable grandeur : et par suite cette influence revêt un caractère qui la distingue de celle qui est attribuée à d’autres saints.
Elle est catholique, en ce sens qu’elle s’étend à l’Église tout entière prise dans son ensemble et à chacun de ses membres.
Elle est catholique encore, en ce qu’elle embrasse tous les besoins, intérieurs et extérieurs, des enfants de Dieu. Quand on analyse le patronage de saint Joseph, on reconnaît qu’il répond à toutes les situations particulières, qu’il se diversifie avec une prodigieuse variété. L’époux, le père de famille, l’humble ouvrier, l’évêque, le prêtre, le missionnaire même, peuvent se dire : saint Joseph est mon spécial modèle. Les enfants, les vierges, les affligés, les mourants, se prévalent à juste et incontestable titre de sa protection. « Tous, dit S. S. Léon XIII, à quelque condition qu’ils appartiennent, ont besoin de recourir à la tutelle du bienheureux Joseph et de se confier à sa garde très fidèle ».
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Comment développer heureusement tous ces points de vue si touchants ? Il nous a semblé que l’explication des Litanies de saint Joseph, récemment approuvées, nous fournissait un champ très vaste pour explorer toute la belle théologie spéculative et pratique de saint Joseph.
Aussi bien, est-ce répondre à l’intention de l’Église que de faire connaître les trésors de doctrine et de piété contenus en ces Litanies.
En les approuvant pour l’office public, Notre Saint Père le Pape Pie X a rehaussé le culte officiel de saint Joseph d’un privilège qui n’est accordé à aucun autre saint. Oserons-nous ajouter qu’un éminent Cardinal, connu dans toute l’Église par les insignes monuments de sa piété, préposé par la confiance du Saint-Père à une des plus importantes Congrégations romaines, nous a engagé vivement à entreprendre ce travail, qu’il nous en a indiqué les précieuses sources dans son grand ouvrage « La Somme de saint Joseph », qu’il nous en a même tracé le plan en lui donnant pour base l’explication des Litanies nouvelles de saint Joseph ? Daigne sa bénédiction attacher à notre petit recueil d’Elévations une grâce qui le rende utile aux âmes ! Nous prions L’éminentissime Prince de l’Église, le Cardinal Vivès y Tuto, d’agréer l'hommage d’un modeste travail né de ses encouragements et de ses conseils, avec celui de notre profonde reconnaissance.